Le
monde du graffiti s’élargit de plus en plus de nos jours. Malgré
que le nombre d’artistes urbain soit énorme, leurs messages sont
tous différents. Certains n'ont pas de portée précise, ni de but
concret, et n'ont aucun intérêt réel si ce n'est esthétique ou
ludique. En revanche d'autre oui, et nous jugeons utile de vous les
présenter.
Tout d'abord nous avons l'incontournable Banksy, véritable mystère des temps modernes, qui est un éternel anonyme internationalement connu pour son talent mais toujours caché derrière son nom de scène ou sous sa cagoule lors d'interviews. En grand provocateur, perturbateur, mais également haut parleur de la société, il dénonce et critique les moindres injustices de nos jours. Avec simplement des litres de peinture, des cartons avec lesquels il fait les patrons de ses pochoirs, une créativité et une imagination débordante qu'il puise dans l'actualité, il réussit à pratiquer son art avec grandeur. Se faisant remarquer pour ses œuvres soit humoristiques, soit choquantes mais dans tous les cas poignantes et porteuses d'un message lourd, qui s'étende de Londres jusqu'en Palestine, il est devenu l'idole de bien des jeunes amateurs du street art. Les personnages les plus récurrents dans ses graffitis, sont des rats, des singes, des policiers, des soldats, des enfants, des personnes célèbres ou des personnes âgées. Il accompagne souvent ses dessins avec une phrase courte mais claire. Les messages qu'il fait passer sont pour la plupart antimilitaristes, pacifistes et anticapitalistes. Mais il ne s'arrête pas au graffiti, puisqu'en 2004 il fait imprimer des faux billets de dix livres qu'il jette durant un carnaval, sur lesquelles il remplace l'effigie de la reine d'Angleterre par celle de Lady Diana et « Banks of England » par « Banksy of England ». De plus, en 2005, lors d'une exposition, il libère 200 rats. Voici la preuve d'une bonne touche d'humour qui en dit long sur la personne. C'est durant cette même année qu'il entreprend avec plusieurs autres artistes de repeindre le mur de séparation en Palestine (voir partie Voyage au tour du monde). Il a également écrit un livre, Wall & Piece et en 2010, il réalise le documentaire Faites le mur. Il avoue lui même son admiration pour Blek duquel on suppose qu'il s'est inspiré. Voici quelques exemples notables:
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L'art de Banksy n'est pas toujours accepté par tous, les detractreurs essaient de masquer l'art commis.
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Xavier Prou, plus connu sous le pseudonyme de Blek le rat est un des graffeurs et pochoiristes le plus connu, il fait partie de la création du street art. Après un parcours aux Beau Arts et un séjour aux Etats Unis en 1971, il n'a de seul souhait que peindre ses œuvres sur les murs de Paris. Il se décide sans hésiter à colorer la rue en 1981 sous le nom de Blek le rat par référence à un personnage de bande dessinée qu’il admire et aussi car « Les rats font peurs aux habitants des villes. Ils transportent la peste et vivent en communauté souterraine, ils parasitent le système et ce sont les seuls qui survivront au grand cataclysme. De temps en temps, je me sens rat ! ». Après avopochoirs de personnages connus ou imaginés en noirs et ir eu un souci avec la justice en 1991, les pochoirs
semblent être le moyen le plus facile pour continuer d’exprimer son art
car « coller est simplement plus rapide ». Les blancs commencent à remplir les édifices de la Capitale, Blek se fait de plus en plus connaître et met en plance une exposition à Los Angeles en 2008 « Art is not peace but war », les pochoirs revendicateurs et politiques ou même sociaux apparaissent, il souhaite défendre des pays, arêter la guerre, dénonce les malfaiteurs du monde. Il est très centré sur la liberté pour tous et le droit de vivre correctement, c'est pour cela qu'il établit un travail sur les SDF dans le monde entier, en mettant en scène des sans abris et leurs chiens, collés au bas des murs, pour dénoncer cette situation qui manque d’actes et de mouvements.
Avez-vous déjà vu, ces chats jaunes qui sourient sur les murs Parisiens ? Ces œuvres peintes par M.Chat ou plus précisement Thoma Vuille
? C’est normal, car ils ont été crées dans des endroits insolites et
inconnus que Chris Marker s’amuse à retrouver et à capturer en image à
travers le court métrage Chats Perchés
(2003).Ces félins, dessinés bien avant que le réalisateur les découvre,
désirent la liberté de chacun, la joie de vivre et le bonheur. De
grandes ailes blanches permet de faire voler ce chat comme ces vastes
oiseaux des mer. Chris Marker prend sa caméra durant la présidentielle
de 2002 en France et filme les manifestants qui luttent pour la liberté,
pour la France, pour l’égalité. Nous voyons défiler toutes sortes de
rassemblements, basés sur le principe de la liberté. Quelques rebelles se baladent dans la rue parmi les crieurs et lèvent leur pancarte où « faites des chats, pas la guerre » flotte dans les airs, dans le but d'arrêter la guerre en Irak. Les jeunes courent dans les rues manifestantes, des éritaux de Monsieur chat levés indiquants noir sur blanc « liberté » et « je ris jaune ». Il est dessiné avec son grand sourire remarquable à celui du chat Chesire de Lewis Caroll, plein de malice et de gaieté. Cette émotion est celle que veut faire passer Thoma Vuille à travers ces matous mais le peuple n’est pas totalement converti sur cette idée. Mais les chats ne sont pas satisfaits, ils disparaissent et rétorquent seulement «Nous étions les chats de la liberté, si vous ne comprenez pas ce qu’on vous dit, débrouillez-vous tout seul ». Chris Marker établit son documentaire via ces intertitres qui résument les pancartes des révoltés de la rue et qui deviennent donc, un moyen d’exprimer son avis, comme une sorte de graffiti. Thoma Vuille a choisi de faire passer son avis à à l'aide de ces animaux si plaisants et si libres qui parlent de quelque chose qu’ils connaissent, il a voulu montrer aux gens que la liberté était possible, grâce à ces chats multiples peints dans ces rues et toits que tout le monde ne remarque pas. Depuis ce fait, Monsieur Chat n’est pas peint seulement dans Paris mais dans plein d’autres villes françaises et même européennes, jusqu’aux pays étrangers tels que l’Amérique du nord.
Au milieu de ce monde masculin comportant de multiples risques tels que les arrestations, car c'est une activité illégal, ou les dangers que présentent les lieux où l'on pratique le graffiti, nous trouvons tout de même parmi les graffeurs reconnus :Miss tic, une femme.Elle ajoute sa touche de féminité sur les murs. Elle incarne la femme libre et indépendante, et la plupart de ses œuvres représentent des femmes diverses et variées. Elle s'amuse à provoquer en dessinant les stéréotypes de la séductrice, et si on lui reproche de présenter les femmes comme des aguicheuses accompagnées d'un décolleté, un porte jarretelles, des bas et des talons hauts, elle répond :« Les images de femmes que je représente sont issues des magazines féminins, je les détourne. Je développe une certaine image de la femme non pour la promouvoir mais pour la questionner. Je fais une sorte d’inventaire des positions féminines. Quelles postures choisissons-nous dans l’existence ? » Elle montre la femme moderne, celle qui ne se laisse plus attacher par les chaînes de l'homme et qui donc n'hésite plus face au divorce lorsque celui ci se présente.
La plupart de ses œuvres sont accompagnées d'une petite phrase d'accroche, une sorte de slogan à la touche humoristique légère et poétique. Ses peintures nous offrent généreusement un rictus avec leurs jeux de mots fins.
Blu
est un graffeur italien, on n'en sait pas plus sur sa personne mais
ses œuvres sont principalement très grandes et en noir et blanc. Il
dénonce énormément par ses graffitis qui sont si bien faits qu'ils
n'ont pas besoin de beaucoup d'explications pour être clairement
compris. Il peint simplement la triste réalité de notre génération
; la nature mangée par les hommes, la pollution des industries, le
conformisme qui fait de nous des moutons enchainés, le système
économique qui consiste à toujours vouloir avoir plus d'argent et
voler chez le voisin, les millions d'hommes qui meurent de faim
cachés par une gigantesque carte bleue, la consommation de la
violence par la télé et les jeux vidéos, la censure encore
présente, la production et les industries qui passent avant les
hommes, ainsi que la paix étouffée par les armes et les guerres.
Mais il offre également des solutions et de l'espoir, comme
lorsqu'il représente un homme géant à vélo qui écraserait des
tas de voitures dans un embouteillage, c'est donc là l'image de
l'écologie qui réussit à prendre le dessus sur nos mauvaises
habitudes destructrices pour la planète. Il a aussi peint sur le mur
de Berlin une représentation de la réconciliation entre le côté
est et le côté ouest de l'Allemagne, voilà donc une belle image de
paix. Le choix étant bien trop difficile parmi tous ses chef
d'œuvres le mieux est de se laisser porter par la curiosité, et de
regarder son propre site : http://blublu.org/sito/walls/walls.htm.
JR, né en 1983, est un artiste français qui se qualifie lui-même de « photograffeur », il réalise des photos en noir en blanc qu’il expose dans la rue qu’il désigne comme étant la « plus grande galerie d’art du monde ». Au fil des années il réalise de nombreuses expositions plus ou moins illégales, d’abord à Paris avec des portraits de jeunes de banlieue puis plus tard sur le mur de la honte séparant l’Israël et la Palestine. Avec des portraits toujours aussi décalés d’hommes et de femmes faisant des grimaces, afin d’éveiller ou de raviver chez les gens le sourire, la gaieté et aussi d’atteindre des personnes qui n’auraient jamais eu la possibilité de voir ces photographies autrement. « Dans la rue, je touche des gens qui ne vont jamais au musée. » C’est là où le graffiti prend tout son sens, puisqu'ici JR n’utilise ni pinceau ni bombe, c’est avec le support de la photo qu’il ébranle et pour qu’elle soit visible et accessible à tous, quoi de mieux que les murs de la rue ? A présent reconnu dans le monde entier, le travail de JR est décrit, par le journal Le Monde comme « révélateur d’humanité » car il est vrai que son travail traduit et reconnaît les maux sociaux, les victimes et les inattendues similarités au sein de leurs propres communautés. Enfin, son anonymat et l'absence de légende sous ses portraits grimaçants laissent, d'autant plus, une liberté quant à une rencontre d'un sujet et d'un passant, ce qui bâtit toute la nature de son œuvre.



















